Les examens de fin d’année

Dans la vie d’un individu normalement constitué et, normalement, bien dans sa tête, les examens de fin d’année, ou de partielles, sont des périodes difficiles à passer… Sauf si vous aimez faire l’amour attaché, les yeux bandés, avec trois jouets dans votre derrière, en saignant du nez et en regardant un épisode de Thalassa. (Même si regarder Thalassa les yeux bandés ne riment à rien… Ou en écoutant l’album de Christophe Hondelatte, à la limite)

J’ai eu une envie de vous parler des examens. Mais attention, pas les petits contrôles ou les examens de la prostate (AÏE, AÏE, AÏE), non, non, du gros examen de partielle que l’on passe à la fac ou même du big concours ! Laissez-moi vous remettre dans l’ambiance (HO OUI, vas-y, fais-moi mal !!)

Lundi matin, 7h30, vous arrivez devant le grand bâtiment qui abrite des centaines de tables et de chaises prêtes à recevoir votre petit popotin, qui va morfler sa race sur une chaise aussi dure que le sujet d’examen. Pour être sûr de ne pas louper l’heure, vous vous êtes levé plus tôt que d’habitude et maintenant, il faut attendre. Et vous regrettez presque d’avoir mis votre réveil plus tôt, étant donné que la première chanson que vous avez entendu de la journée est « Skyfall » d’Adèle, superbe chanson à l’exception près que les premières paroles sont « This is the end ». Triste destin funèbre ?

Règle n°1 : Ton testament tu n'oublieras point
Règle n°1 : Ton testament tu n’oublieras point

7h31, vous stressez. Vos intestins commencent à jouer de la trompette. On se croirait à un concert de Patrick Sébastien (Hé ! C’est génial !)

Une boule se forme dans votre gorge, vous suffoquez, vous vous enfermez dans une sorte de bulle où vous tentez de répéter dans votre tête votre cours appris par cœur depuis des semaines (si vous êtes un élève studieux. Dans le cas contraire, bah vous êtes dans la merde). Vous angoissez, vous avez besoin de respirer, de prendre l’air… Jusqu’à ce qu’un de vos amis vienne vous voir pour vous dire : « Salut ! » Suivi d’un : « ça va ? » … Ca va ? Vous le frappez devant cette phrase si stupide.

7h45, la foule commence à arriver. Le brouhaha, les « ha je stresse », les « m’en fous j’y vais au talent », les « je connais pas mon cours ! », les « j’ai faim » se font entendre. Une foule compacte avec des visages aussi décomposés que les profs qui arrivent et ouvrent la porte. Une simple double porte pour faire rentrer environ 200 personnes. (AH, AH, AH, A LA QUEUE LEU, LEU, TOUT LE MONDE S’ÉCLATE ! A LA QUEUE LEU, LEU ! TOUT LE MONDE SE BOUSCULE, A LA QUEUE LEU, LEU ! )

Ah, oui et surtout, il ne faut pas oublier de regarder où vous êtes placés dans la salle ! Pour ce faire, ils ont mis une petite feuille, écrite en taille 10, avec toute la liste des noms de famille et un numéro. Et 200 personnes qui s’y pressent pour regarder où se placer. Pratique. Et vous, comme un nouveau signe du destin qui vous fait un gros fuck : vos êtes à la place 13.

Vous entrez dans la salle, salle gigantesque où se succèdent des centaines de tables toute petites avec les fameuses chaises en bois, HO OUI, FAIS MOI MAL PAR DERRIÈRE ! Mais avant cela, il faut trouver le numéro. Et les 200 personnes, à la queue leu, leu, parcourent les allés pour trouver leur emplacement. Et la drôle d’impression d’être tel un mouton s’en allant à l’abattoir vous traverse l’esprit. Hum, matez-moi ces petites côtelettes d’agneau !

7h50 : Vous êtes enfin assis. Et là, vous vous rendez compte qu’il va y avoir deux problèmes. Le premier c’est que vous êtes juste à côté de la fenêtre, que nous sommes en hiver et que ce n’est pas un double vitrage et en plus, il y a une bouche d’aération de l’autre côté dans le sol qui envoie de l’air chaud. Donc du coup ça vous fait tout chaud à droite et tout froid à gauche. Deuxième problème, vous possédez la seule table de la salle bancale. Oui, nous avons tous connus ça au moins une fois dans sa vie. La taaaaaaaable BANCALE !!!! QUI EST LE CON QUI A INVENTE LES TAAABLES BANCAAAAAAAAAAAALES !!!!!!! COOOOOOOOONNAAAAAARD ! (Ho oui, vas-y, fais-moi mal)

7h52 : Tout le monde est assis. Certains regardent le ciel, d’autres font des prières les mains croisées. Certains regardent s’il y a possibilité d’ouvrir les fenêtres pour sauter du deuxième étage, d’autres apprennent à faire un nœud coulant. Certains pleurent. Certains gémissent. Les regards s’échangent. Mais au fond de leurs yeux, derrière leur stress et leur peur, qui se lisent facilement, on peut voir un : « Il n’y a que 50% de réussite, alors JE VAIS TE COLLER AU MUR ET JE VAIS TE NIQUER, ENCULE ! » (que de vulgarité, je sais, mais ça défoule). Et encore, je dis 50% de réussite, mais parfois ce n’est que 30 ou 10% !!! Et donc vous-même, vous êtes en train de regarder les autres pour tenter de deviner qui aura son examen, qui ne l’aura pas.

7h53 : Vous vous rendez compte que vous n’avez pas de montre ! Grave erreur ! Heureusement, vous remarquez qu’il y a une horloge sur le mur… Et après mûres réflexions, vous vous demandez s’il est vraiment 23h17…

Ce lapin ressemble vaguement à l'un de mes profs
Règle n°2 : A l’examen, une montre pas trop grosse tu prendras

7h54 : Les professeurs entrent dans la salle, à la queue leu, leu, décidément, c’est le thème de la journée, ils vous regardent. Vous avez l’impression que des petites moustaches carrées vont leur pousser sous le nez et ils vont hurler tels les nazis : « allez, tout le monde à poil, on passe à la douche ! »… Au final, oubliez la moustache qui pousse, parce que l’une des professeurs l’a déjà.

Dans leurs bras, des tas de feuilles. Vous avez une pensée pour tous ces petits arbres qui sont tombés pendant le combat, à leurs possibles familles qu’ils ont laissés derrière eux, tant de petits arbustes orphelins. Tout ceci pour quoi ? Pour que des étudiants dépriment pendant des semaines ! Le monde est injuste. Je propose qu’on se remette tous tout nu, avec une feuille de vigne sur le sexe à manger des pommes. Liberté ! Égalité ! Et fraternité incestueuse !

Plus aucun bruit dans la salle, hormis un connard qui fait tomber son crayon. Et là, dure réalité : la salle résonne très bien.

7h55, la journée ne fait que commencer, vous n’avez même pas connaissance des sujets d’examen, mais vous êtes déjà désespérés. Vive le psy !

Les profs commencent la distribution des copies, retournées sur votre table pour que vous ne voyez pas ce que c’est, même si des petits malins tentent de lire à travers la feuille. Ils se prennent pour superman. Ils vous donnent aussi des feuilles de brouillon et non, je vous rassure, vous n’êtes pas devenus daltonien, c’est bien la feuille qui est jaune fluo. Très pratique pour éviter les maux de tête, c’est bien connu.

Nouveau problème, vous êtes 200 et il n’y a que 3 profs qui distribuent. C’est long. Plus c’est long, plus c’est bon ? Non… Non, non, du tout… Donc du coup vous tentez de vous occuper en observant un peu mieux les alentours. Ho ! Il y a 5 mouches et une guêpe mortes au pied de la fenêtre. Dont une mouche écrasée contre la vitre. Chouette ambiance. Ho ! Ils ont mis des plantes vertes de l’autre côté, pour que ça fasse plus conviviale ! Bon, elles n’ont pas été arrosées depuis au minimum trois… Ouais trois ans, mais quand même, c’est le geste qui compte… Hoooo… Et ce prof… Est-il valide ?

Fin de la distribution des copies. Une voix hurle « RETOURNEZ LES COPIES »… 8h06…

Vous lisez les premières lignes… Bon ça je sais… Ca, ouais ça devrait aller… Ca je… Je vais bricoler… Ca, aucune idée. Ca… Hein ? Et ça… Ca veut dire quoi ça ? On l’a vu ? Et ça… Ho là, là… Vous avez envie de lever la main pour qu’on vous apporte trois boîtes de médicaments, 3L d’eau, ainsi que le CD de Christophe Hondelatte.

Mais avant cela, vous remplissez l’en-tête de la copie : Nom, prénom, signature… Vous avez l’impression de signer votre acte de décès et vous avez envie de rajouter « ci-git machin truc, né le 01/01/90, décédé le jour de ses partielles »

8h31 : vous avez envie de faire pipi. Et ouais… Et vous n’allez pas pouvoir y aller tout de suite !!!

ahreu
Règle n°3 : Ton pot, ou une couche, pour tes besoins, tu n’oublieras point

Et là, je voudrais faire une petite parentèse pour m’adresser aux gouvernements. C’est bien joli de faire plein de réformes de l’éducation. Mais elles sont toutes plus ou moins inutiles. Non. Vous souhaitez vraiment améliorer le système scolaire ? Alors votez une loi pour interdire les talons hauts aux profs qui surveillent !!!!!!!! Parce que mesdames ont besoin de se défouler, donc elles parcourent la salle pendant des heures, avec des talons qui martèlent le sol avec une régularité identique à un tic-tac d’une horloge qui tape sur le système !!!!

Et pour peu qu’il y ait un prof encore plus sadique, il va parcourir également les allées… Avec un café chaud dans la main… Alors que vous essayez de vous enfermer dans une bulle pour être concentré, et bah non, il faut qu’une odeur agréable vienne vous titiller les narines pour vous sortir et vous arracher à cette concentration quasi utopique !

Et pendant toute l’épreuve ce ne sera que comme ça. A chaque éternuement. A chaque toux grasse. A chaque pet, vous allez être déconcentré ! Car ça résonne à mort ! (enfin, j’ai déjà essayé de raisonner un mort, je n’ai jamais réussi)

Le plus drôle c’est au bout d’une heure. Vous sursautez quand vous entendez un prof hurler près de votre oreille : « BIEN, CEUX QUI ONT FINI, LEVEZ LA MAIN ! » Vous vous dîtes : déjà ? Vous regardez l’horloge : 23h17… Ha oui, c’est vrai, elle marche plus… Et ce n’est qu’un ballet de gens qui lèvent la main, se lèvent, rangent leurs affaires, bien entendu, en silence ؟ (<= ce symbole indique que cette phrase est à prendre au second degré. Voilà, j’ai appris l’existence de ce « point d’ironie », c’est son nom, très récemment, donc j’avais envie de vous le mettre pour me la péter.)

9h50 : Vous estimez avoir terminé. 10 minutes à l’avance, ça peut aller. Vous levez la main. Et là, il n’y a plus qu’à attendre qu’un prof vous aperçoive ! Et c’est long ! Donc vous regardez vos mouches. Ou vous vous posez une question existentielle : combien de plaques en polystyrène composent le plafond ?

Le prof arrive et vous sermonne car vous n’avez pas replié et collé l’entête… Alors, pour ceux qui ne savent pas, laissez-moi vous expliquer… Les copies sont anonymes. C’est-à-dire qu’il y a un cadre en haut, où vous devez mettre votre nom, votre date de naissance, votre lieu de naissance et votre signature. Vous devez rabattre ce cadre (qui est dans le coin de la feuille) et le coller pour garder votre anonymat lors de la correction (vous n’êtes identifié que par le numéro de votre table… Oui, je sais, c’est con). Mais pour coller ce petit truc, il faut… lécher. Oui, il faut lécher votre copie. Comme les timbres ou les enveloppes, avec la colle dégueulasse. Donc en plus de votre nom, de votre date et lieu de naissance et de votre signature, ils prélèvent de l’ADN ! Donc ils peuvent tout faire de vous après ! Vous cloner, pourquoi pas !

Et donc la première fois, vous ne savez pas qu’il faut lécher ! Et quand le prof vous dit « Collez l’entête », vous lui répondez : « Ha bon ? Mais je n’ai pas de colle… » Et c’est très, très, très déstabilisant quand il vous dit : « bah léchez ! » Lécher ? Lécher quoi ? Vos baskets ? Ha non, je veux une bonne note, mais ça, non !!!

Ainsi se déroule une épreuve. Et là je ne vous parle que de la première épreuve d’un examen, il y en a environ plus de 5 comme ça en général ! Comprenez-vous mieux pourquoi les examens sont anxiogènes pour les étudiants ? Comprenez-vous mieux pourquoi les étudiants se droguent ? Non, vraiment, les partielles, c’est le pieds. Et c’est une expérience à vivre ؟

A part ça ? Tout va bien ؟

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Note de l’auteur :

Pour ceux qui ne le savent pas, je suis étudiant en psychologie (enfin, lors de la rédaction de cet article), et j’ai passé cette semaine mes partielles. Et un soir j’ai écrit ce texte, pour décompresser. Par conséquent je vous promets que TOUT CE QUE VOUS VENEZ DE LIRE m’est vraiment arrivé (pas en même temps, je rassure)!!!! De l’horloge coincé à 23h17, en passant par les mouches et la guêpe, les plantes peu vertes, les talons des profs, la place 13, les idées bizarres qui traversent l’esprit, le chaud et froid… Absolument tout !

Je tiens à remercier plusieurs personnes :

Commençons par la participation exceptionnelle et rien que pour vous du croque mort de Lucky Luke, du lapin d’Alice au pays des merveilles et du pot, merci à eux. On peut les applaudir (allez-y, applaudissez devant votre ordi, vous aurez l’air bien con…)

Merci à tonton Piiiiiire et deux chouquettes de m’avoir destressé entre les épreuves.

Merci aux profs qui seront prochainement retrouvés décapités.

Merci à l’administration et aux correcteurs, car à l’instant même où j’écris ces quelques lignes, j’apprends que nous aurons les résultats que… dans un mois… YOUPI !

Merci à coupain Sen pour son idée des nazis avec la douche (c’est la seule idée qui n’est pas de moi, donc je rends à César ce qui est à Sen)

Merci aux tonnes de chocolat et de médicaments que j’ai avalé pour ne pas suffoquer avant les épreuves

Et merci à moi d’avoir révisé.

HEP LA, TOI, LA, OUI, TOI !!! MON PETIT LAPINOU, repars pas sans avoir laissé un commentaire et partagé l’article !

Merci pour tout ! Vous êtes de plus en plus nombreux à me lire, donc merci !!!

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