Le divan de Cloclomono : le train

carnet– Mais non mais Djy, puisque je te dis que je ne VEUX PAS aller m’allonger sur ton divan… ! Nooon, ne me force pas à y aller… !

*CLAC*

Ceci est un bruit de porte qui se referme.
Plus précisément, c’est le bruit de la porte du cabinet du Psy, qui se referme impitoyablement sur moi. Djy ne m’a pas laissé le choix, il m’a enfermée avec son Psy pour que je passe sur son Divan… Je crois d’ailleurs avoir entendu un bruit de clef dans la serrure… Mais oui, il vient de verrouiller la porte le salaud, il veut être sûre que je ne m’échapperai pas !

Je jette un coup d’œil autour de moi. Le Psy est là, assis en face du divan. Du divan VIDE. Du Divan qui m’attend. Le Psy me regarde de l’air désabusé de celui qui se fait grave chier. Bon, allons s’assoir sur ce Divan, ce sera toujours mieux que de rester debout puisque de toute façon je n’peux pas sortir de là… Mais qu’est-ce que je fiche ici hein… ? Tiens, c’est le genre de question que je vais poser à son Psy, ça nous fera au moins un sujet de conversation…

« – Le Psy ? Pourquoi je suis là ? Je veux dire, pourquoi Djy me fait passer sur son Divan… ? Je n’suis pas une bloggeuse… Et je n’ai pas besoin de voir un psy non plus !
– Pourquoi t’es là ? Bah parce que Djy n’a pas d’ami… Et qu’en plus de ça, il n’a plus d’imagination, alors il emploie des nègres pour faire son boulot à sa place.
– Ha.
– Voilà.
– Et donc on fait quoi là ? Tu es censé me poser des questions sur ma vie privée et tout pour déterminer mon problème ? Et si j’en ai pas de problème ? (A part Djy, qui me force à être ici !)
– Bah si t’en as pas, on va se faire chier.
– Ha.
– Voilà
– Tout à fait.
– …
– …
– …
– On s’ennuie déjà là quand même, non ?
– Exactement
– …
– T’es sûre de ne pas avoir un petit problème ? Familial… ? Amoureux… ? Professionnel… ?
– Nan, désolée.
– Un truc à la con… ? Un souvenir particulier à raconter ? Un voyage… ? Les courses que t’as fait l’autre jour, j’en sais rien moi, trouve un truc.
– Un voyage… ? Ha oui, tient, peut-être. Il m’arrive toujours des trucs quand je voyage en train. Avec une compagnie que, par soucis d’anonymat, je nommerai SMCF.
– Société Merdique de Chemin de Fer ?
– Hmm, j’irai pas jusque-là… Société Maudite de Chemin de Fer me paraît plus appropriée. Je peux pas faire un seul voyage en train sans qu’il m’arrive une couille.
– OK balance, et avec les détails gores si y’en a.

Bon, mise en contexte rapide : Que des histoires vraies. Qui me sont arrivées lors de ces trois dernières années. Sachant que les seuls trajets que je fais en train relient toujours les deux mêmes villes, et que je fais juste un aller-retour à chaque période de vacances scolaires. Toujours par soucis d’anonymat, voilà un équivalent de mon trajet : Grenoble > Lyon > Nancy. Ou l’inverse. Ce qui fait un TER Grenoble-Lyon puis un TGV Lyon-Nancy. Ou l’inverse.
– Oui bon, ça va on a compris, abrège !
– J’abrègerai quand eux abrègeront leurs trajets ! (C’est-à-dire pas avant que Djy ne sache bien dessiner !) Parce que des retards, je m’en suis coltiné à la pelle ! A la pelleteuse même… Et à chaque fois, ils trouvent le moyen d’innover niveau excuse !
– Ha, je sais où finiront les élèves de Djy qui sortent toujours des excuses bidons pour pas venir en cours… !
– Y’a les fois où tu es en retard parce que ton train démarre en retard. Parce que la SMCF a perdu son train ou son chauffeur… Voire les deux. L’autre fois, j’arrive à la gare pour prendre mon TER, annoncé voie E. J’attendais gentiment sur le quai voie E que ledit TER daigne se montrer quand une gentille madame au micro nous a annoncé le plus naturellement du monde que notre TER ne nous attendait pas vois E mais voie H.
– Ecoute, c’est petit un train, c’est vite fait de pas le voir et d’oublier où on l’a rangé hein… ?
– Ta gueule le Psy. Tout le monde se précipite voie H et grimpe dans le TER (miracle, il était là !!) qui devait partir dans les 5min suivantes. Sauf que 20min après, on n’avait toujours pas démarré… Et les annonces micro ont commencé. D’abord doucement avec un « Nous ne pouvons pas partir, le chauffeur n’est pas là », puis « En fait on a perdu le conducteur, on ne sait pas où il est » suivit de près de « Haa, on a retrouvé le chauffeur… Il est… Parti dans un autre train. On va essayer de vous en trouver un autre » et pour finir « Bon, on est bien désolé, mais on ne peut pas vous trouver de conducteur, prenez le prochain TER dans une heure ». LOL.
– Mouahaha ! Donc ils perdent leurs trains mais aussi leurs chauffeurs… ?
– Et des fois même leur contrôleurs ! Une fois, ils m’ont annulé un autre TER pour la simple raison qu’ils ne retrouvaient pas le contrôleur et ne voulaient pas démarrer sans lui !!
– Pam pam palam !

– Bon, après t’as tous les retards dus à des problèmes dans le train. Le très classique « neige », vu et revu, mais ô combien efficace. Ou la fameuse fois ou mon train a dû s’arrêter à la première petite gare du premier petit village paumé traversé parce que… Une femme accouchait dedans.
– C’est l’histoiiiiiiiire de la vie !
– Ouai bah y’a un moment dans ta grossesse, t’évite de faire des trucs comme prendre un train parce qu’on a tous du descendre du nôtre, de train, et attendre le suivant en regardant les pompiers passer pour aller aider Madame. Le gosse était pas encore né que des centaines de personnes le maudissait déjà.
– J’espère qu’il aura au moins des réduc’s à la SMCF celui-là !

– T’as aussi les fois où ton train n’arrive pas parce qu’il a eu, je cite, un « problème de personne » dans une autre gare.
– Un problème de personne, c’est pour pas dire « Et paf le gens » ?
– Bravo Sherlock ! Même si, dans l’idée, le « paf » fait plutôt « sproutch ».
– Ha, tu es connaisseuse ?
– A moitié… Je venais de monter dans mon train, qui devait rester à quai une dizaine de minute avant de partir. Je regardais par ma fenêtre, le train sur le quai juste en face qui démarrait. Et le p’tit vieux qui marchait à côté. Et qui a trébuché. Et qui a fait un plongeon la tête la première sous ledit train qui démarrait.
– Et sproutch le vieux ?
– Pas tout à fait. Le train commençait à accélérer, le mec s’enfonçait de plus en plus mais avait encore ses jambes qui dépassaient du quai… Il se faisait trainer lentement, frottant entre le train et le quai… Juste en face de ma fenêtre. J’avais une vue parfaite sur ses jambes qui s’enfonçaient doucement mais complètement en dessous de la voie… Sur les gens horrifiés qui hurlaient à côté… Sur les parents qui se dépêchaient de cacher les yeux et les oreilles de leurs gosses, de les emmener loin… Sur les agents SMCF paniqués qui gueulaient dans leurs talkies…
– Et sproutch le vieux… ?
– Mais t’es chiant ! Même pas, ils ont arrêté le train et ont fait sortir tout le monde le temps que les secours arrivent. Les secours ont réussi à sortir le mec, y avait du sang partout sur sa gueule et je pense qu’il devait avoir des trucs cassés, mais il bougeait encore quand mon train a moi a finalement démarré…
– Rhooo, même pas drôle ton histoire, elle finit bien, on s’en fout !
– C’est quand même un chouillat traumatisant de voir un mec disparaitre sous un train et se demander si il est mort, puis de le revoir avec la tête ensanglantée, tu sais ?

– Balance des trucs drôles ou intéressant, merde, tu veux faire perdre à Djy ses rares lecteurs ou quoi ?
– J’ai jamais prétendue être drôle, m’enfin passons. Tu connais ces fameux arrêts que le train (préférentiellement un TER) fait au milieu de nulle part ? Ces arrêts systématiquement accompagné du classique « Nous sommes actuellement arrêtés au milieu de la voie, pour votre sécurité blablabla, ne descendez pas blablabla » ?
– Ouais ?
– Et bah ils m’ont tout fait là encore : « Nous sommes actuellement arrêtés blablabla, parce qu’on nous lance des cailloux »
– Bah ouais vas-y, reste là où tu te fais caillasser, t’as raison !
– « Nous sommes actuellement arrêtés blablabla, parce qu’on a entendu un bruit suspect »
– Sûrement le bruit des passagers qui se plaignaient d’être à l’heure, fallait faire un truc pour stopper le train.
– « Nous sommes actuellement arrêtés blablabla, parce que. … parce que? … *Fin de la transmission*»
– Ils se donnent même plus la peine d’inventer des excuses, un foutage de gueule intégral, j’aime !
– « Nous sommes actuellement arrêtés blablabla, ne descendez pas, blablabla… » Et 10 min plus tard, ils nous sortent « Haa, mais en fait, nous sommes arrêtés à la gare de Trou-Paumé-Sur-Coin-Perdu ! Bah vous pouvez descendre alors ! »
– Du grand art !

-Et après, quand ton TER doit repartir d’un de ces arrêts à la gare de Trou-Encore-Plus-Paumé, ils t’expliquent qu’ils ont perdu un enfant, soit à la gare soit dans le train, alors dans le doute, ils ne démarreront pas tant qu’ils ne l’auront pas retrouvé.
– Encore le gamin né dans un train qui revient vous faire chier !
– Ouais. Et la dernière fois, ils sont allés la chercher loin leur excuse débile ! Dans un wagon t’as des portes des deux côté pour s’adapter à la gare… Bah là, t’avais UNE porte sur UN des wagons du train (de mon wagon, forcément, sinon c’est pas drôle) qui ne marchait pas, alors fallait descendre de l’autre côté. Ces nigauds sont allés réorganiser tous leurs arrêts à la gare pour être sûrs qu’on arriverait toujours sur une voie qui donne sur un quai du côté de la porte qui s’ouvrait. Ça part d’un bon sentiment mais franchement, on pouvait descendre depuis le wagon d’à côté quoi… Je n’sais pas combien d’autres trains ils ont foutu en retard pour faire ça (en plus du nôtre), mais il a dû y avoir de la casse !
– Quand ils veulent bien faire, ils font pire que quand ils se foutent ouvertement de vous… J’en ai la larme à l’œil tellement je suis ému.
– Ho ça va hein. Et quand t’as une correspondance à prendre à Lyon mais que ton premier train est trop à la bourre, tu sais ce qu’il se passe ? Tu vas râler à l’accueil pour avoir un nouveau billet de train (parce le train que tu devais prendre est évidement parti) et voilà ce que tu entends : « Ha bah non, plus de Lyon-Nancy pour aujourd’hui (en même temps, vous arrivez avec 3h de retard là miss, faut pas déconner !) mais on vous en fait un pour demain ? Voilà un pique-nique pour ce soir et une chambre d’hôtel »
– Ou comment perdre une journée entière.
– Ou le moment magique où tu ne sais pas si la meuf qui te refait les billets est sérieuse ou pas : « Alors il n’y a plus de Lyon-Nancy direct aujourd’hui, donc soit je vous fait un Lyon-Paris et un Paris-Nancy (en changeant de gare, sinon c’est pas drôle) ce soir, soit un direct demain… Ce soir ? D’accord. Alors je vous fais un billet Lyon-Paris, par contre, le train Paris-Nancy est complet. Donc je n’peux pas vous faire de billet, mais vous aurez le droit de monter dedans… Il faudra juste que vous expliquiez votre cas au contrôleur du Paris-Nancy, il ne devrait pas y avoir de problème, dites-lui bien que vous avez le droit mais que je ne pouvais pas vous faire de billet. »
– Et tu t’es faite refouler par le contrôleur au moins ?
– Ha non hein ! Il aura quand même fallu 15min d’intenses explications pour qu’il me laisse tranquille dans mon coin en m’assurant que j’aurais quand même du avoir un billet, que c’était pas normal, tout ça tout ça… Désespérant.
– Ha non, très amusant au contraire !
– Pas quand tu le vis… Je suis maudite tu penses ou c’est juste la SMCF qui n’est composée que de pas doués de première classe ?
– J’en sais rien… Il t’arrive ce genre de trucs qu’avec eux ou aussi avec d’autres transports en commun ?

– Hum. Tu veux parler, par exemple, de la fois où j’ai vu un mec enfoncer entièrement un couteau dans le bide d’un autre à 10m de moi dans ma rame de tram… ? (Et sploutch, le couteau dans le ventre, et HAAAAAA les cris de tout le monde qui a peur, et Arrghhhh les cris du mec poignardé) Ou de la en bus où une vitre a explosé, comme ça, sans qu’il n’y ait de choc ni que personne ne la touche… ?
– Par exemple, ouais. Tu es maudite meuf.
– Rassurant dis donc.
– Maudite de la SMCF en particulier… Ce qui déteint parfois sur d’autres transports en communs proche des trains.
– Youpi…
– Par contre, cette malédiction te donne le droit de sortir de ce Divan, félicitation ! Je crois que Djy vient enfin te libérer !
– Pas trop tôt !

Et en effet, ce faux-jeton de prof de pacotille déverrouillait la porte. Il l’ouvrit, un grand sourire aux lèvres, tout content d’avoir un nouveau texte à publier… Et se prit un pain dans la gueule, parce qu’il faut pas déconner, j’étais toujours furax qu’il m’ait forcée à venir sur son Divan, et c’est pas le fait de parler de la SMCF qui avait amélioré mon humeur ! Non mais.

A part ça ? Tout va bien !






Note de fin de Djy

Bon. Bah voilà. Ca c’est fait.

MERCIIIII BEAUUUUCOUP Cloclomono d’avoir participé sous la contrainte à cet article invité ! MERCI, MERCI, MERCIIII !!!!

Texte entièrement de elle, ne pas l’utiliser sans son accord. Merci.

Pensez à commenter pour dire si vous aussi vous avez vécu des situations similaires !

Biiiisous !

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